L'urgence écologique est devenue incontestable : si nous ne modifions pas nos modes de production et de consommation, le dérèglement climatique modifiera radicalement notre mode de vie. Il nous faut donc agir, vite et dans toutes les matières. Parmi celles-ci, la manière dont nous aménageons ou nous construisons nos maisons, nos quartiers et nos villes n'est pas la moindre. Longtemps, on ne s'est guère soucié des coûts environnementaux, économiques et sociaux de la mauvaise isolation de nos bâtiments, de l'étalement urbain, du manque de mixité sociale et fonctionnelle des nouvelles zones en développement. Cette politique à courte vue gaspille l'espace, abime les paysages, grignote les terres agricoles, augmente considérablement les besoins de déplacements et multiplie les infrastructures à charge de la collectivité.
Une telle manière de produire la ville n'est ni durable dans le temps ni globalisable dans l'espace ; elle contribue à une empreinte écologique équivalente à près de trois planètes, là où nous n'en avons qu'une seule à notre disposition. Elle est impayable pour les communes, qui ont mission d'assurer un ensemble de services de base pour chaque citoyen où qu'il se trouve sur leur territoire. Elle est socialement injuste puisqu'elle gaspille et limite les moyens publics qui devraient être prioritairement consacrés aux quartiers en souffrance et aux habitants les moins favorisés. Elle est démocratiquement inacceptable car elle laisse le champ libre à la seule spéculation immobilière, là où il faudrait que partenaires publics et privés marchent de concert au service d'un projet de ville décidé et assumé par tous.
C'est pourquoi, désormais, nous devrons aménager, rénover et construire autrement : des bâtiments basse-énergie ou passifs, des éco-quartiers et surtout reconstruire la ville sur elle-même. Une ville durable est compacte, dense et mixte. Elle mise sur les modes de déplacements doux et sur les transports collectifs. Elle est à taille humaine, elle est belle, elle suscite la créativité, elle favorise le bien-être, elle garantit la cohésion sociale. Elle invite au bonheur de vivre ensemble.
Elle y parviendra d'autant mieux qu'elle se construira collectivement, en associant l'ensemble des acteurs dans un projet
participatif.
C'est notre projet de ville à Namur, c'est notre ambition pour le futur.
Un à un, nous mettons les éléments en place pour y parvenir :
• Des outils et des normes, comme les schémas directeurs d'Erpent et de Bomel/St-Servais, le Règlement Communal d'Urbanisme sur les propriétés mosanes et bientôt le Schéma de Structure Communal.
• Des moyens humains supplémentaires à l'Aménagement du territoire et à l'Urbanisme. Pour dresser les éco-bilans des projets de
lotissements ainsi que pour conseiller et contrôler les performances énergétiques des bâtiments.
• Des projets novateurs impulsés par la Régie foncière (certains en collaboration avec l'échevinat du logement et du Patrimoine,
en collaboration aussi avec le CPAS) : des logements sociaux à Basse-Enhaive, un lotissement de maisons passives à Jambes, la rénovation de l'abattoir de Bomel et du quartier de la place l'Ilon,
un projet d'eco-quartier sur Jambes montagne ainsi qu'à Salzinnes.
• Un dialogue constant avec le privé, franc, parfois très franc, mais toujours riche et porteur de projets prometteurs comme sur
Erpent, sur le port du Bon Dieu, sur la Gare et autour du C&A., ou sur Acina. L'avenir de Namur se dessine bien et nous comptons sur l'initiative privée pour le réussir.
• Des projets européens, avec des villes exemplaires comme Lille, Breda et Maastricht, pour réhabiliter et revitaliser les
quartiers en souffrance de Bomel et de Saint-Servais.
• Une ambition : une candidature au patrimoine mondial de l'Unesco pour la citadelle, la ville ancienne et nos rives mosanes.
Une candidature qui doit nous amener à une gestion durable de notre territoire et de son patrimoine historique, architectural et naturel.
• Tous les ans, une semaine de l'Aménagement durable, grand public, pour réfléchir, échanger nos savoirs et nos savoir-faire et
construire ensemble le futur de Namur. La première édition s'est ouverte par l'exposition Namur vue du ciel, qui est probablement une première mondiale à l'échelle d'une
ville.
Paraphrasant Gandhi, je conclurai en disant que nous souhaitons, maintenant et ici à Namur, être le changement que nous voulons voir dans le monde.
Même si le chemin est long et parsemé d'embuches, même si les effets de cette nouvelle politique ne se feront sentir qu'à long terme, la Ville de Namur entend poser, jour après jour, de nouveaux jalons, comme gage de son attachement à l'humanité, à la sauvegarde de son futur et à l'indispensable solidarité internationale qui nous fera réussir « l'objectif Terre ».