On se souviendra des remous soulevés sous la précédente législature par les projets commerciaux projetés dans le zoning de Rhisnes et sur la dalle de la gare :
le premier parce que trop éloigné de la ville et le second parce que trop important dans son programme par rapport au tissu commercial existant (30.000 m²).
Dès le début notre majorité a clairement indiqué qu’il n’y aurait pas de centre commercial à Rhisnes ni ailleurs en périphérie namuroise. Nous avons également combattu avec succès les projets d’Assesse et de Farciennes qui pouvaient nuire à l’attractivité et à la centralité de « notre galerie commerçante à ciel ouvert » du centre-ville et concurrencer dangereusement nos commerces périphériques. Mais nous avons également dit que nous encourageons la création d’un pôle commercial nouveau en plein centre de Namur, de taille limitée pour venir compléter et renforcer notre tissu commercial, face à la concurrence de plus en plus affirmée d’autres cités.
Je vous renvois à ce sujet à notre déclaration de politique générale du 4 mars 2007 :
La majorité entend préserver et dynamiser le tissu commercial exceptionnel de Namur. Il convient de s’opposer au développement non contrôlé de complexes commerciaux de nature à lui porter préjudice. Nous serons attentifs à défendre tant notre « galerie commerçante à ciel ouvert » du centre-ville que nos commerces de proximité dans les villages.
Mais nous devons aussi faire preuve d’anticipation et intégrer à notre stratégie de développement les enjeux liés à l’évolution des pratiques de commerce et des habitudes d’achat.
Un centre commercial de moyenne taille (20.000m² bruts) ne pouvait cependant s’envisager sur la dalle de la gare pour trois raisons :
C’est ce que nous avons dit à 6 reprises entre le 27 décembre 2006 et le 3 juin 2007 à la SNCB et aux trois groupes immobiliers qui sollicitaient un entrevue avec le bourgmestre, l’échevine du commerce et moi-même, à savoir Forum Invest, Codic et Wilhelm & Co.
Le 3 juillet, le Collège prenait une délibé pour officialiser sa position et la communiquer à la SNCB, en lui demandant d’intégrer ces recommandations dans son cahier de charges pour l’aménagement de la dalle de la gare :
· L’étendue de l’aménagement, limitée à la dalle existante afin de favoriser un meilleur contrôle et une meilleure « absorption » du projet par le tissu urbain namurois mais aussi de limiter les nuisances excessives d’un chantier trop colossal ;
· L’approche fonctionnelle qui ne peut être limitée à la seule fonction commerciale, mais qui devra intégrer une mixité de fonctions (administration, services et/ou loisirs et petites cellules commerciales), afin d’étendre la plage horaire des activités sur le site et de favoriser les combinaisons entre celles-ci;
· L’approche architecturale et énergétique qui devra favoriser une architecture intégrée au contexte urbain local, plutôt qu’un type « importé » peu soucieux de l’identité namuroise. Il s’agit de prendre en compte la gare et les bâtiments du MET ainsi que la très grande proximité de la Corbeille. Le Collège souhaite donc que soient étudiées les perspectives à partir de la Citadelle, de la rue Godefroid, des ponts de Louvain et d’Heuvy, du quartier de Bomel ainsi que de la descente de la chaussée de Louvain. Il convient également d’intégrer le volet énergétique dans la conception du projet (ventilation, utilisation de la lumière naturelle, énergie solaire…);
· La mobilité: le site étant extrêmement bien localisé, il faut profiter de l’opportunité qu’offre le projet d’aménagement pour poser une réflexion en termes de mobilité et de multimodalité. Il conviendrait ainsi d’établir une meilleure liaison entre les gares des trains et des bus, de réintégrer l’idée du by-pass afin d’empêcher le transit devant la gare. La création d’un relais vélo de grande capacité est également souhaitable, ce qui implique de facto une collaboration étroite entre la SCNB, le TEC et la Ville de Namur ;
· Le lien avec le quartier de Bomel: la couverture de la dalle ne doit en aucun cas obstruer la lumière naturelle au-dessus du passage du premier niveau entre la Corbeille et le quartier de Bomel. Des activités de services et/ou de loisirs devraient en outre apporter davantage de sécurité nocturne dans ce passage. Un passage à ciel ouvert, accessible à toute heure tant à pied qu’à vélo, doit également être envisagé.
Sur ces bases nouvelles, la SNCB lance son concours pour l’aménagement de la dalle en octobre 2007. Les offres seront déposées pour le 25 février 2008. Les résultats sont décevants pour la SNCB.
Codic renonce à son offre de 23.000m² de bureaux.
Forum Invest se retire aussi, jugeant qu’un projet commercial sur la gare ne peut rencontrer les remarques émises par la ville.
Seul, Wilhelm &Co reste dans le concours et propose un projet avec doublement de la surface de la dalle pour un méga centre-commercial de 53.000m². Deux autres projets sont également déposés mais qui n’enthousiasment pas la SNCB, avec raison, comme nous avons pu nous en rendre compte l’échevine du commerce et moi-même puisque nous étions comme observateurs à la défense des projets devant le jury le 12 septembre 2008. La SNCB s’est rangée à l’idée de ne pas étendre la dalle actuelle car ses navetteurs ont déjà été trop gênés par des années de travaux à la gare de Namur.
Entre-temps, Forum Invest a travaillé sur un autre projet de centre commercial sur l’îlot du square Léopold dont il a acheté le parking il y a plusieurs années. Ce projet se résume à ces quelques lignes directrices :
Bref, un projet qui pourrait rencontrer les désidératas que nous nous étions fixés. Un projet possible à cet endroit, à la condition que la gare des bus trouve un nouveau lieu d’accueil car le centre commercial a besoin de cet espace pour s’y développer.
Nous prenons donc contact en juin 2008 avec la SRWT.
D’emblée, la SRWT est intéressée par le projet d’une nouvelle gare des bus. Celle de Namur est obsolète, tristounette et insuffisante. Le TEC connaît un succès croissant qu’il faut encourager et accompagner pour augmenter encore l’accès multimodal de notre centre-ville, engagement que nous avons également pris dans notre déclaration de politique générale.
La SRWT va alors plancher sur un projet et propose le 14 juillet 2008 d’installer une nouvelle gare des bus à gauche de la gare des trains sur le boulevard E.Mélot. Il faut cependant acheter l’immeuble de la poste et la connexion à la circulation du boulevard n’est pas évidente à réaliser.
Le 9 octobre 2008, nous rencontrons à nouveau des responsables de la SNCB pour tenter de les convaincre de consacrer une partie de leurs terrains pour la réalisation d’une nouvelle gare des bus. Et c’est là qu’un des responsables de la SNCB nous fait part de l’idée de mettre les bus sur la dalle de la gare !
L’idée est évidement séduisante à plus d’un titre :
Il restait encore à faire valider l’option par la SRWT. Le 4 décembre, celle-ci estimait spatialement possible de mettre 40 bus sur la dalle et de les faire monter.
Il faut évidement étudier tous les autres aspects du problème, notamment :
C’est à cette fin qu’une convention Ville-SRWT et SNCB sera présentée au Conseil communal de mars pour étudier finement tous ces aspects et permettre au Conseil, s’il juge le projet pertinent, d’initier un périmètre de remembrement urbain qui permette de concrétiser nos ambitions pour le nord de la corbeille : un centre commercial plus attractif, une gare multimodale moderne qui donne une fonction d’intérêt public à la dalle SNCB et une renaissance complète d’une partie de notre ville qui est quelque peu en souffrance ces dernières années.
Un tel chantier représente une chance pour notre cité.
Notre majorité entend concrétiser ainsi son projet de ville. Il est heureux que nous puissions compter sur la collaboration de la SNCB et de la SRWT.
Conseil Communal du 16 février 2009