Conférence de presse
Vendredi 13 mars 2009
Longtemps, on ne s’est guère soucié des coûts environnementaux, économiques et sociaux de la mauvaise isolation de nos bâtiments, de l’étalement urbain, du manque de mixité sociale et fonctionnelle des nouvelles zones en développement. Cette politique à courte vue gaspille l’espace, abime les paysages, grignote les terres agricoles, augmente considérablement les besoins de déplacements et multiplie les infrastructures à charge de la collectivité.
Désormais, nous devrons aménager, rénover et construire autrement : des bâtiments basse-énergie ou passifs, des éco-quartiers et surtout reconstruire la ville sur elle-même. La ville durable est compacte, dense et mixte. Elle mise sur les modes de déplacements doux et sur les transports collectifs. Elle est à taille humaine, favorise le bien-être et garantit la cohésion sociale.
La nécessité de penser et de construire la ville autrement est au cœur de la Déclaration de politique communale du 5 mars 2007, dont voici quelques extraits significatifs :
« Une vision responsable, orientée vers l’intérêt général et le long terme, est particulièrement de mise en matière d’urbanisme et d’aménagement du territoire. La politique du « coup par coup » doit en être bannie.
Une attention particulière sera portée au respect des caractéristiques urbanistiques des quartiers, à la lutte contre le gaspillage énergétique, l’étalement urbain, le mitage du paysage.
Pour un développement urbanistique maîtrisé de Namur, la Commune respectera les principes clés d’un aménagement responsable : centralité, densité raisonnée et mixité.
Nous ferons un effort particulier pour réduire la spéculation immobilière et pour étoffer l’offre de logement moyen.
Nous nous doterons des outils nécessaires pour mener à bien notre tâche. Un schéma de structure, assorti de compléments réglementaires, sera élaboré pour servir de référence dans l’aménagement durable de notre territoire. »
« La majorité entend préserver et dynamiser le tissu commercial exceptionnel de Namur. Il convient de s’opposer au développement non contrôlé de complexes commerciaux de nature à lui porter préjudice. Nous serons attentifs à défendre tant notre « galerie commerçante à ciel ouvert » du centre-ville que nos commerces de proximité dans les villages. »
Du discours de la méthode à la pratique
Pour concrétiser le changement de cap inscrit dans la Déclaration de politique communale, il a fallu mettre au point une nouvelle façon de travailler, qui s’appuie sur des lignes claires d’aménagement durable, sur des outils pertinents d’analyse et de prospective, ainsi que sur des cadres réglementaires nouveaux qui dotent la commune des moyens légaux de ses ambitions.
La politique urbanistique à Namur n’est pas le fait du prince et elle ne procède pas de l’arbitraire d’un seul échevin. Elle s’articule autour de pratiques démocratiques et d’une gestion durable du territoire et des ressources dont nous disposons, orientée vers l’intérêt public.
Une transversalité bien rodée
Politiquement, les dossiers importants ont depuis toujours été traités de manière transversale avec les partenaires de la majorité :
Administrativement, la collaboration entre le service de l’Urbanisme et de celui de l’Aménagement du territoire est renforcée sur les grands dossiers. Ils font partie d’un même département, sous la conduite du même échevin. Chacun de ces services a reçu le renfort d’un architecte, plus spécialement pour l’analyse des lotissements et la prise en compte de la problématique énergétique.
Démocratiquement, le Collège prend soigneusement en compte les avis de la CCATM et ceux exprimés lors des enquêtes publiques. Il n’est plus question de s’assoir sur les avis de la CCATM, dont les membres ont été renouvelés pour une meilleure prise en compte des enjeux nouveaux en la matière. Il n’est pas question non plus de balayer les avis des enquêtes publiques d’un revers de la main. Nous prenons souvent la peine de nous rendre sur le terrain, d’organiser des réunions de conciliation entre riverains et promoteurs, en tenant à chacun le langage de la responsabilité, de l’intérêt public et des contingences économiques, administratives et légales.
Au bout du compte, le Collège ou le Conseil sont amenés à livrer des avis d’opportunité d’intérêt général, qui précisent et complètent le cadre juridique du plan de secteur.
Une vision globale de l’Aménagement du territoire
Afin d’assurer dès le départ une orientation claire des projets d’urbanisme et d’aménagement du territoire, le service Aménagement du territoire est devenu la «porte d’entrée» des avant-projets qui, par leur envergure territoriale ou thématique, demandent une approche transversale. Auparavant, les projets déposés étaient directement étudiés par les techniciens de l’Urbanisme et transmis pour accord au Collège.
Aujourd’hui, le service Aménagement du territoire analyse les avant-projets selon une grille globale qui prend en compte le niveau de densité, la présence des équipements publics, l’implantation urbanistique, la mixité sociale et générationnelle, la qualité des espaces publics, la mobilité, le stationnement en voiries, le traitement des eaux de pluies et usées, l’environnement, les espaces verts, l’intégration paysagère, les matériaux, les préoccupations énergétiques, notamment.
Le travail est également établi en lien avec les autres services concernés comme l’Urbanisme, la Mobilité, l’Infrastructure et le D.E.P. (Environnement et Eco-conseil), voire les Affaires économiques, les Affaires sociales, le Service logement, le CPAS, les Finances et le Bureau d’Etudes Bâtiments, si besoin est.
Au terme de l’analyse, un avis Aménagement du territoire est donc rédigé à l’attention du Collège, concernant les avant-projets de permis de lotir ou de permis d’urbanisme.
Cette procédure, mise en place depuis la mi-2007 et confirmée par une délibération du Collège, permet d’agir bien en amont, ce qui est plus sécurisant pour les promoteurs et ce qui offre la possibilité d’un dialogue constructif jusqu’à l’acceptation d’un projet répondant aux exigences de la commune.
D’autre part, afin de limiter l’étalement urbain, coûteux en infrastructures et en service publics, le Collège a pris la décision en juin 2008 de ne plus ouvrir de nouvelles voiries en-dehors du périmètre d’agglomération. Les voiries nouvelles doivent toutes être publiques pour ne plus laisser derrière nous des voies privées que les riverains n’entretiennent plus à la longue (50 voiries pour un total de 75 kms !). Avec 1100 kms de routes communales, Namur n’a plus les moyens d’entretenir un parc de voiries éloignées du centre, à faible densité d’habitations.
Les fondamentaux de l’Urbanisme
L’analyse des demandes de permis d’urbanisme se fait selon quelques principes fondamentaux de bon aménagement des lieux, qui doivent garantir l’intégration des projets dans le voisinage et dans leur environnement :
Une offre commerciale cohérente
Opposition au développement de grands centre-commerciaux en périphérie : Rhisnes, Assesse et Farciennes. Collaboration avec Gembloux.
Préparation de l’arrivée d’un centre-commercial adapté au centre de Namur.
Renforcement des noyaux commerciaux existants sur le territoire communal.
Examen attentif des permis pour les commerces de la corbeille et du centre de Jambes :
- assurer la possibilité d’accès aux étages (en vue d’y aménager des logements)
- maintien de l’identité des façades et du parcellaire existant
- fermeture des portes pour économiser l’énergie
Des outils d’analyse, d’orientation et de règlement
Mise en place progressive d’outils qui donnent déjà d’excellents résultats :
Un dialogue permanent avec les acteurs privés et le fonctionnaire délégué
Une longue liste de dossiers approuvés ou en voie de l’être, orientés vers l’aménagement durable de Namur
Des chiffres qui montrent que la méthode et la ligne politique suivies donnent des résultats
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Statistiques Urbanisme - résumé |
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2006 |
2007 |
2008 |
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Nouveaux appartements |
515 |
400 |
309 |
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Nouvelles maisons |
155 |
239 |
216 |
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Surfaces des bureaux (m2) |
9411,89 |
3286,94 |
3696,79 |
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Surfaces des commerces (m2) |
7120,66 |
15749,97 |
2142,46 |
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Précisions : le nombre d’appartements est en diminution, mais il y a davantage d’offre de 3ch et plus. Le chiffre des maisons nouvelles augmente, mais il faut aussi y ajouter la rénovation des maisons unifamiliales en première couronne.
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Liste des permis de lotir et permis d'urbanisme collectif traités par le service Aménagement du Territoire en 2008 |
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Commune dans le périmètre d'agglomération |
Rue |
Nombre de logements |
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Belgrade/Besix |
Rues Nelis et Gourdin |
184 |
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Flawinne/Maillen |
Rues Genot et Jardon |
61 |
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Erpent/Nathalie Henry |
Chaussée de Marche |
75 |
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Vedrin/JM Construction |
Rues Biéva et Bovesse |
118 |
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Vedrin |
Rue Polet |
23 |
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Total |
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461 |
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Commune hors périmètre d'agglomération |
Rue |
Nombre de logements |
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Naninne |
Rue des Acquises |
18 |
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Andoy |
Rue de Pétia |
8 |
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Malonne |
Rue de la Navinne |
7 |
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Malonne |
Rue du Petit Babin |
9 |
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Gelbressée |
Rue Moens |
6 |
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Daussoulx |
Rue del'Grete |
17 |
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Suarlée |
Rue d'Orthey |
7 |
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Temploux |
Rue de Rhisnes |
6 |
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Temploux |
Rue Bout du Village |
7 |
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Total |
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85 |
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Total global |
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546 |
Quelques exemples de grands dossiers analysés et accompagnés par le Bureau d’études du service Aménagement du territoire
JM Construction à Vedrin
Atelier de l’Arbre d’or à Daussoulx
Besix à Belgrade
Thomas et Piron à Naninne
Cobelba à Erpent
Quelques exemples de dossiers réorientés en Urbanisme
Wierde sur la N4
Quadratum sur la chée de Waterloo
King Fook Garden
Omega Frabelux chée de Perwez
Rue de la Pépinière
Maison de repos La pairelle à Wépion
ASAP à Wépion chée de Dinant
Deux exemples de dossiers d’implantation commerciale analysés par l’outil du BEP et orientés vers le développement durable
Des problématiques difficiles à régler
Un achat trop spéculatif entraîne toujours un programme excessif ou inadapté :
Conclusion : une nouvelle manière de travailler, public-privé, pour coudre durablement le tissu urbain namurois
L’urbanisme et l’aménagement du territoire sont des matières complexes et transversales. Elles interrogent notre façon de vivre en société et la hiérarchie de nos valeurs. Elles nécessitent méthodes, lignes directrices et analyse approfondie.
La Ville de Namur s’est dotée d’une ligne politique, de moyens humains et d’outils pour reprendre son territoire en main. La plupart des acteurs l’ont compris et contribuent au projet de ville défini dans la Déclaration de politique communale.
L’opportunité d’une décision est le fait qu’elle soit judicieuse ou non. C’est évidemment une question d’appréciation. Mais toute décision doit se prendre (et ceci est un critère de légalité) en regard d’un critère d’intérêt général. L’autorité doit donc, préalablement à sa décision, établir la balance des intérêts de la collectivité : qu’est-ce que le projet apporte sur les plans économique, social, patrimonial, environnemental, culturel ? Le bilan est-il positif, négatif ? Les besoins sont-ils rencontrés de manière durable ? Il s’agit bien d’un choix politique dont nous sommes, in fine, responsables devant les citoyens.