Urbanisme

Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 09:53

 
Le Collège communal du 3 novembre dernier a décidé de poursuivre la réflexion sur l’abrogation des plans communaux d’aménagement (PCA). Ces travaux entamés, en 2002,  font suite aux modifications de l’article 57 ter du Cwatup (Code Wallon de l’Aménagement du Territoire de l’Urbanisme et du Patrimoine) qui permettent désormais d’abroger des PCA élaborés et approuvés avant l’application du plan de secteur de Namur en mai 1986.

 

Mais qu’est ce qu’un Plan communal d’aménagement ? C’est un outil d’urbanisme qui donne des règles assez précises pour construire les immeubles et aménager les espaces publics. Ces plans sont donc très marqués par l’esprit de l’époque où ils ont été élaborés. Par conséquent, les “vieux ” PCA (au-delà de 20 ans d’âge) sont souvent dépassés. Dès lors, ils peuvent être très contraignants et empêcher les nouveautés ou les évolutions rendues nécessaires aujourd’hui. En outre, ils autorisent parfois des programmes urbanistiques non conformes à la volonté de préserver les caractéristiques actuelles des quartiers. Bref, il est temps de procéder à un bon “nettoyage” de documents obsolètes au profit d’une politique urbanistique mieux adaptée à notre projet de ville.

 

Le Collège a ainsi approuvé un plan d’abrogation en trois phases piloté par notre cabinet :

 

-          La première phase concerne les plans communaux d’aménagement de Namur, Jambes, Saint-Servais, Beez et de Flawinne approuvés le 22 avril 1962.

-          La deuxième phase s’intéressera uniquement à la seule section de Bouge. Cette section a, en effet, besoin d’un examen minutieux car le territoire est entièrement couvert par des PCA révisés à de multiples reprises.

-          La troisième phase concernera les PCA approuvés entre le 22 avril 1962 et la date de mise en application du plan de secteur en mai 1986.

 

 

                                                                

Par Arnaud Gavroy - Publié dans : Urbanisme
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Mercredi 25 novembre 2009 3 25 /11 /2009 17:23

Le Gouverneur de la Province de Namur, Denis Mathen, était en visite dans notre ville, ce 25 novembre 2009. Nous en avons profité pour le sensibiliser au classement du quartier des Carmes. Celui-ci a été conçu sur les plans d’Adolphe Ledoux et construit en une dizaine d’année seulement à partir de 1928. Son nom vient du couvent fondé sur le site en 1627. C'est un ensemble urbanistique et architectural d’un grand intérêt et d’une grande valeur sur le plan patrimonial que la Ville de Namur souhaite préserver et mettre en valeur.

 


Préserver


La qualité de cet ensemble justifie pleinement qu’il soit préservé et protégé, au travers d’un classement comme ensemble architectural en raison de :

 

- son intérêt historique : Il marque une étape importante du processus d’urbanisation de Namur, dans une large zone intra-muros à l’époque figée et refermée dans son affectation en institutions caritative et pénitentiaire. Après avoir été, pendant l’ancien régime « soustraite » à la vie publique en tant que propriété de diverses communautés religieuses (que Joseph II jugeait « parfaitement inutiles à la religion, à l’Etat et au prochain »). Ce phénomène de ré-appropriation aussi tardive (l’entre-deux-guerres) et aussi ample en centre ancien est relativement rare en Wallonie. L’opération témoigne clairement de la volonté des namurois de sortir du marasme des années 20-30, au niveau du logement (taudification, pénurie) et du chômage. Une nouvelle attractivité commerciale, dans un environnement résolument moderne, pouvait engendrer aussi une renaissance du tourisme de la «Porte des Ardennes».

 

- son intérêt urbanistique : Il est une belle réussite d’intégration souple et harmonieuse dans une vieille trame urbaine. A l’inverse des théories d’un Le Corbusier, par exemple, tout tracé orthogonal a été rejeté au profit de douces sinuosités ménageant d’intéressantes perspectives, dans une volonté affirmée de mixité des fonctions : commerces de détail ou de « grande surface », espaces-galeries, lieu récréatif (Caméo), garage automobile, bureaux (banque), cabinets médicaux, appartements et habitations unifamiliales. Une vraie ville moderne prolongeant, et entrainant, une ville ancienne.

 

- son intérêt architectural : Bâti en une dizaine d’années seulement, il constitue un ensemble d’une homogénéité stylistique rare. C’est un florilège de réalisations Art Déco parfois exubérantes, parfois au contraire teintées de modernisme, concurrencées ça et là par quelques velléités passéistes. Homogénéité certes, mais dans une expression bigarrée : variété de couleurs du matériau prédominant, la brique ; spirales, ondulations ou géométrie des décors de pierre reconstituée, des menuiseries, des ferronneries et des vitraux. Homogénéité aussi dans l’animation des reliefs : bow-windows de toutes formes, batteries de lucarnes maçonnées prolongeant les façades, porches de vitrines ou des entrées carrossables. Un étonnant chapelet de vitrines Art Déco ou modernistes s’égrène encore au fil des rues, précieux témoins d’un nouvel art de la séduction commerciale. Enfin, on notera l’intéressante démarche que constitue la réinsertion, dans ce contexte urbain moderne, des vestiges du couvent des Carmes : dégagé par une enfilade de boutiques basses et complété d’une aile mimétique, ce dernier, dominé par les toitures de son ancienne église, apparaît comme un point d’ancrage du nouveau quartier dans le Namur historique, un quartier décidément bien nommé… .

 

Pourtant ces immeubles subissent au fil des ans des modifications d’ampleurs diverses qui peu à peu altèrent et diminuent la valeur patrimoniale de cet ensemble. Dès à présent, la Ville se veut vigilante quant aux transformations de ces immeubles. Le classement comme ensemble architectural permettra non seulement d’encadrer davantage les transformations ultérieures sans pour autant faire peser de contraintes exagérées sur les projets de réaffectation et d’aménagement des immeubles, mais aussi d’aider financièrement et conseiller les propriétaires et les habitants dans leurs projets, et de les sensibiliser quant à la qualité de cet ensemble patrimonial.

 

Mettre en valeur


Il ne suffit bien évidemment de classer un bien pour en assurer la préservation. Une telle mesure doit s’accompagner d’actions concrètes de mise en valeur. Ainsi, dans le cadre de l’étude sur le centre ville qui vise à améliorer la convivialité et la sécurité des usagers dans les différents quartiers, il est proposé de définir une zone de rencontre comprenant la rue des Carmes, la rue des Croisiers et l’impasse Saint-Joseph. Cette zone de rencontre permettrait de soutenir le développement de ce quartier, de le relier au centre commerçant, et d’assurer une connexion très importante entre celui-ci et la place de la Station.

 

Cependant, l’éclairage actuel du quartier est blafard et ne contribue pas à la convivialité et à la qualité de cadre de vie du quartier. Il est également énergivore. La Ville a de ce fait confié à Mme. Isabelle Corten, urbaniste-lumière, l’établissement d’un « plan lumière » spécifique pour ce quartier, avec pour objectifs de :

  • remplacer l’éclairage public des différentes rues du quartier
  • animer les façades les plus remarquables du quartier d’un éclairage scénographique soulignant leurs détails architecturaux,
  • animer les galeries Saint-Joseph et Wérenne d’un éclairage accompagnant leur rénovation future,

L’éclairage du Caméo sera quant à lui développé conjointement avec le projet de restauration du bâtiment.

 

  • Le diagnostic et l’avant-projet intitulé « Des gouttes de lumière dans un ciel Art Déco », ont été présentés au Collège communal. Les propositions de cet avant-projet consistent en :
    une modulation de l’éclairage dans le temps. Tant que les vitrines et l’éclairage scénographique fonctionnent, l’éclairage public peut être diminué en puissance voire éteint. Inversement, une fois les vitrines et l’éclairage scénographique éteints, l’éclairage public peut être intensifié.
  • un éclairage public et un éclairage scénographique dans des tonalités de blanc, l’éclairage du Caméo pouvant en revanche faire usage de la couleur pour souligner la vocation spécifique du lieu.
  • la création d’une ambiance douce faite de clairs-obscurs où le passant va de découverte en découverte.
  • un éclairage public ramené à des hauteurs moindres qu’il ne l’est actuellement et remplacé par un matériel contemporain plus économe, et ce y compris pour la rue de l’Inquiétude.
  • des recommandations aux commerçants en vue de s’intégrer dans le projet d’ensemble, d’améliorer la mise en lumière de leur vitrine, voire de limiter leur éclairage à certaines heures, dans un souci également d’économie d’énergie.
  • un éclairage scénographique fait de touches et de goutes de lumière mettant en évidence des détails architecturaux que le passant ne remarque pas nécessairement (motifs sculptés, bas reliefs, verrières et portes vitrées, …). Environ quarante façades seraient ainsi concernées par cet éclairage scénographique.
  • un éclairage spécifique et différencié des deux galeries ainsi que de la placette de la venelle de la Grande Forge.
  • une remise en fonctionnement de l’éclairage de la façade de l’église Saint-Joseph.

 

La Ville travaille maintenant à définir précisément la mise en œuvre de ce plan. Les étapes envisagées sont :

2010 – Remplacement de l’éclairage public

2011 – Mise en place de l’éclairage scénographique

2012 – Mise en place de l’éclairage des deux galeries.

 

 

Par Arnaud Gavroy - Publié dans : Urbanisme
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Lundi 14 septembre 2009 1 14 /09 /2009 18:01



On recense actuellement 176 panneaux publicitaires le long des voiries de pénétration comprises dans le périmètre de l’agglomération namuroise. Une grande majorité de ceux-ci ont été installés, parfois depuis fort longtemps, sans demande de permis et donc sans autorisation.

 

Or, l’arsenal juridique à disposition de la Commune et de la Région mentionne clairement l’obligation d’un permis d’urbanisme, qu’il s’agisse du CWATUPE et, pour le niveau communal, du règlement sur les enseignes, marquises et bannes et du règlement sur le placement de panneaux d’affichage, tous deux uniquement applicables sur la section du petit Namur.  

Pour être complet, il faut également tenir compte de la règlementation relative aux sites touristiques protégés et aux voies de communication touristiques protégées sur lesquels il est interdit d’installer de tels dispositifs de publicité. Il s’agit de la totalité de la partie sud de Namur, ainsi que de portions de ses parties sud-est et nord. Pour le reste du territoire non repris en site protégé, plusieurs voiries sont soustraites à la publicité en tant que voies de communication touristiques.

 

A première vue, il est donc étonnant de se retrouver avec une telle masse de panneaux illégaux. Comment expliquer cette situation paradoxale ?

La publicité fait intégralement partie de la vie commerciale et économique d’une cité, comme le démontrent les noms des entreprises locales qui se font connaitre via ce dispositif, de manière permanente (en guise de signalétique) ou temporaire (pour les ventes d’immeubles par exemple). Le relevé nous apprend que même la FGTB a un panneau illégal (rue de Namur) !

Ajoutons que c’est souvent un revenu complémentaire intéressant pour certains propriétaires aux revenus modestes qui habitent le long d’axes routiers fort fréquentés.

Il n’en reste pas moins que la Ville ne peut tolérer la politique du fait accompli, qu’il y a là une pollution visuelle qui nuit fortement à l’environnement et à la qualité patrimoniale de Namur. En outre, les entreprises concernées peuvent très bien recourir à d’autres moyens publicitaires tels que par exemple des encarts dans la presse écrite par exemple. C’est pourquoi la Ville de Namur entend mener une politique ferme, proactive et novatrice dans le domaine, en évitant les écueils du passé.

 

Rappelons qu’en 1997, plusieurs dizaines de panneaux illégaux ont été verbalisés, sans que cela ne soit suivit d’effet par le parquet ! Par contre, les avocats des sociétés visées contestaient évidement l’action de la Ville. Il aurait aussi fallu que la Ville de Namur, elle-même, assure le suivi juridique des procès-verbaux qu’elle dressait. C’est une tâche indispensable qu’il faudra à l’avenir assumer en dédicaçant un employé de l’Urbanisme pour cette mission.

Rappelons aussi que la non-adoption du Règlement Communal d’Urbanisme (RCU) en 2001 a été un très mauvais signal envoyé à la profession des annonceurs et publicitaires qui étaient en demande de lignes directrices communales concertées. Il s’en est alors suivi une inflation d’installations illégales de panneaux publicitaires sur l’ensemble de notre territoire communal.

Rappelons, enfin, qu’en 2003 le service de l’Urbanisme a attiré l’attention du Collège et spécialement du Bourgmestre, en charge de l’Urbanisme, pour se positionner de manière globale sur une nouvelle vague d’installations de panneaux publicitaires dont, cette fois, les annonceurs étaient pourtant demandeurs de permis. Aux dires du service de l’Urbanisme, qui attendait une position claire du Collège, celui-ci a alors demandé un examen complémentaire sur la situation financière de ce que représentaient les taxes perçues sur de tels panneaux. A titre d’exemple, le principal annonceur payait 33.069 euros au titre de recette sur la taxe relative aux panneaux publicitaires portant sur ses 30 sites d’implantation. Cette fois encore, le service de l’Urbanisme ne reçut pas de nouvelles instructions, et faute d’une ligne claire, il s’en est suivi une autre vague publicitaire.

 

La politique actuelle de la Ville

 

Depuis 2007, la Ville a chaque fois envoyé des mises en demeure pour les nouveaux placements de panneaux sans obtention de permis, pour autant qu’ils soient connus du service Enquêtes publiques et Inspections. En effet, la magistrature préfère que l’Administration communale écrive une première fois au placeur avant de dresser procès-verbal. Cette mesure a contribué à l’enlèvement de trois nouveaux panneaux sur huit. Devant ce résultat mitigé, j’ai demandé que l’on dresse désormais des procès-verbaux et que l’on assure le suivi de ceux-ci auprès du parquet et du fonctionnaire délégué, ce dernier intervenant en cas de non-réaction du parquet.

 

A côté de cette nécessaire fermeté et de son indispensable suivi juridique, la Ville se dotera d’un Règlement Communal d’Urbanisme partiel pour régler définitivement cette problématique. A cette occasion, nous consulterons les professionnels du secteur afin d’établir un cadre qui sera mieux respecté par tous. Ce RCU devrait également nous doter d’un levier déterminant, à savoir la possibilité pour la Ville elle-même de procéder au démontage des panneaux incriminés.

 

En attendant cet outil règlementaire, nous innovons en tentant une régularisation de certains panneaux, pour autant que le propriétaire réduise significativement les surfaces publicitaires et qu’il réhabilite les sites qui ont été dégradés par un affichage sauvage.

 

A titre d’exemple, en collaboration avec le fonctionnaire délégué, un permis vient d’être accordé avenue des Combattants qui prévoit le remplacement de 8 panneaux de 12 m² par 2 panneaux mobiles de 8 m².

 

En conclusion, nous pouvons raisonnablement espérer que la situation s’améliorera nettement dans le futur aux conditions que la Ville puisse :

  1. dédicacer un juriste au service de l’Urbanisme pour le suivi en justice des dossiers. Cet engagement est budgétisé en 2009 ;
  2. disposer d’un RCU qui l’autorise à retirer d’elle-même les panneaux litigieux. Cela devrait être le cas fin 2011 ;
  3. imposer des régularisations à la baisse, pour une amélioration sensible des sites incriminés. C’est le sens de la première expérience que nous tentons aujourd’hui.
Par Arnaud Gavroy - Publié dans : Urbanisme
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