Citadelle

Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 10:40

Nous avions invité la presse, le vendredi 4 décembre, en compagnie du responsable du service archéologie de la Province de Namur, Christian Frebutte, pour observer les premiers résultats des fouilles de la porte de Bordial. Une présentation des dernières découvertes archéologiques de cet ensemble défensif construit vers les années 1640.IMG_5053.JPG

 

En 2002, un sondage avait déjà été creusé au pied de la porte mais c’est en 2007, sous l’impulsion de l’échevin de la Citadelle, que le dossier est relancé. La Ville de Namur, en tant que propriétaire de ce joyau de notre patrimoine, entend préserver et développer le potentiel touristique et culturel du site, tout en assurant son entretien et sa pérennité. Un ouvrage de longue haleine.  

 

La restauration et la mise en valeur de la Porte de Bordial sont d’une grande importance car celle-ci est la seule des six anciennes portes de l’enceinte urbaine qui a subsisté. Elle était complétée par un bastion étendu jusqu’à la Sambre afin de bloquer tout accès à la ville en cas de siège. Ce système fut complété par un fossé creusé dans le schiste.

 

Une première campagne de fouilles aboutit au dégagement de la plus grande partie du fossé et à la mise au jour des piles en brique élevées après 1854.

 

Des fouilles complémentaires liées au projet de restauration et effectuées par le Service de l’Archéologie (S.P.W.) ont commencé en août 2009. Une tranchée de 17m de long a été pratiquée au pied de l’extrémité nord des piles en brique. Les intervalles entre ces piles ont également fait l’objet de fouilles ainsi que leurs extrémités sud.

 

 

Trois ponts pour une porte

 

Plusieurs maçonneries ont été mises au jour à l’emplacement du fossé. Elles appartiennent indubitablement au pont qui permettait de franchir ce dernier.

 

La première phase de cet ouvrage (milieu du XVIIème siècle) comportait au moins quatre piles construites en moellons calcaires et fondées assez profondément. Le sommet de ces piles était revêtu de dalles soigneusement taillées, ce qui laisse présager qu’elles supportaient une structure en bois sur laquelle reposait le tablier. Un pont-levis permettait d’interrompre tout passage.Resultat-fouilles-decembre-09.JPG

 

Vers 1756, le portail est modifié par Philippe Phazelle. La deuxième phase du pont est vraisemblablement conçue dans la foulée de ces travaux. Celle-ci semble avoir réutilisé une partie des piles primitives tout en nécessitant la mise en place de deux nouvelles piles construites avec moins de soin.

 

Enfin, la troisième phase du pont est mise en chantier après 1854. Le tablier repose cette fois sur cinq piles en brique. Cet aménagement disparaîtra à la fin du XIXème siècle, lors du remblayage du fossé. A cette époque intervient la destruction de la plus grande partie du bastion associée à la création de la rue Bord de l’Eau.

De manière à compléter les informations obtenues jusqu’à présent, d’autres investigations sont prévues dans les prochains mois : la mise au jour du pavage de l’esplanade située à l’ouest du pont, ainsi que le creusement de plusieurs sondages, notamment au niveau de la plate-forme couvrant la porte.

La restauration vise à rendre intelligible la dernière porte de l'enceinte urbaine de Namur. Elle s’accompagnera d’un aménagement des abords, de la pose d’un nouveau pont sur les piles mises au jour, et de la création d’un cheminement sécurisé et agréable à travers la porte depuis le pied de la Rampe Verte jusqu'à l'Avenue Jean 1er.

 

Avec le Service de l’Archéologie et les architectes désignés pour la restauration, la ville de Namur veut monter un dossier complet au printemps pour le soumettre à la Région wallonne. Il s’agit de convaincre le Ministre du Patrimoine d’inscrire la porte de Bordial dans ses prochains budgets. C’est à ce prix qu’elle retrouvera tout son lustre d’antan.

 

                                                                                                                                  126

Par Arnaud Gavroy - Publié dans : Citadelle
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Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /2008 14:57


 Billet d’humour

                            Par Arnaud Gavroy, échevin de la citadelle

Droit de réponse au billet d'humeur de Thomas-Pierre Gérard paru dans la Meuse du lundi 27 octobre 2008

 

Dans son billet d’humeur paru ce lundi, Thomas-Pierre Gérard, le rédac’chef du journal Pan, m’accable de tous les maux à propos de la citadelle de Namur : « dossiers systématiquement bâclés, ratage des fonds structurels européens et de la reconnaissance au patrimoine mondial de l’Unesco, jeu amateur et en solo… » ! N’en jetez plus, la coupe est pleine !


Très magnanime, Thomas-Pierre me conseillait de ne plus m’orienter à la seule aide de mon petit doigt mais de faire appel à des bureaux d’étude confirmés pour des dossiers qui le méritent.


Mon petit doigt me dit pourtant que le petit doigt de Thomas-Pierre aurait dû mieux le tuyauter afin de livrer un billet d’humeur plus pertinent. Je m’étonne qu’un rédac’chef –un grade sérieux dans le journalisme - étale publiquement autant de méconnaissance dans un aussi petit article.


S’il avait pris la peine de l’interroger, son petit doigt de journaliste aurait pu lui indiquer que :

  • Les dossiers Unesco réussis prennent 10 ans pour se monter. On ne peut pas aller plus vite tant la matière est complexe. Bordeaux et Le Havre n’ont pas fait mieux. Namur ne l’a donc pas dans l’os, pas plus que les autres dossiers wallons en attente, comme celui de la ville de Spa.
  • Namur et sa province ont loupé les fonds structurels pour des raisons politiques, à la grande fureur du directeur du BEP qui estimait que nos dossiers étaient bien montés.
  • Le dernier Conseil communal a lancé trois marchés d’auteur de projet pour la restauration des portes Bordial et Médianne, ainsi que des tours Joyeuse et César pour un montant d’études de 360.000 euros. L’an prochain, d’autres études devraient être lancées sur un plan lumière et sur la restauration des murailles notamment. Plus pro que cela, tu meurs !
  • Au vu de l’ampleur de la tâche sur la citadelle, un architecte-restaurateur devrait y être affecté. Sur proposition de l’échevin compétent, il figure à l’organigramme du service citadelle. Mais les difficultés financières de la Ville ont retardé jusqu’ici son nécessaire engagement.
  • La citadelle n’est pas gérée en solo. Un Collège thématique y a été entièrement consacré, ainsi qu’une « Commissions toutes réunies » pour l’ensemble des conseillers communaux. Concernant l’Unesco, l’échevin de la citadelle s’est entouré de plusieurs compétences de valeur, dont celle de l’ancien secrétaire général de l’ICOMOS (Conseil international des monuments et sites).

 

Voilà, cher Thomas-Pierre, une petite mise au point salutaire. Si la citadelle t’intéresse encore, ma porte est ouverte pour un long entretien avec ton petit doigt préféré !

 

Par Arnaud Gavroy - Publié dans : Citadelle
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